Chères déléguée, chers délégués,

Il y a huit ans et quatre jours, le 22 janvier 2011, les délégués de votre parti avaient dit NON, sur proposition de la direction, à l’initiative socialiste qui nous aurait désarmés dite «pour la protection face à la violence des armes». Le conseiller d’Etat bâlois Peter Zwick avait alors affirmé que les mesures prévues visaient les mauvaises personnes, à savoir ceux qui n représentent aucun risque, comme les soldats de milice, les tireurs sportifs, les chasseurs et les citoyennes et citoyens respectueux de la loi.1 Aujourd’hui, votre direction vous invite à dire OUI au diktat de l’UE qui nous désarme. Comparons les exigences des deux projets:

 

Initiative du PS
2011
Diktat
de l’UE 2019
Changement de paradigme:
possession d’armes comme droit   possession d’armes comme privilège
Oui Oui
Obligation de prouver le besoin d’une arme Oui Oui2
Enregistrement rétroactif obligatoire des armes Oui Oui3
Interdiction techniquement infondée d’armes «particulièrement dangereuses» Oui4 Oui5
Interdiction de garder l’arme de service à la maison Oui Non
Interdiction de reprendre l’arme de service à la fin des obligations militaires Oui Oui, par la
petite porte6
Interdiction absolue des armes semi-automatiques pour les privés Non Oui, par la
petite porte6
Introduction de tests psychologiques et médicaux pour tous les possesseurs d’armes Non Oui, par la
petite porte6

 

Une politique bourgeoise se fonde sur des principes bourgeois. Les principes bourgeois se basent sur une tradition bourgeoise. Et cette tradition bourgeoise ne s’est pas complètement inversée durant les huit dernières années. Chères déléguées, chers délégués, s’il vous plaît, ne l’oubliez pas. Votez donc en conséquence. Des centaines de milliers de possesseurs d’armes honnêtes comptent sur vous – tout comme des millions d’autres personnes qui savent à quel point une protection fiable contre des lois inutiles et des restrictions arbitraires de la liberté est essentielle pour une économie de marché prospère.

Avec mes meilleurs vœux,

Luca Filippini
Président de la Communauté d’intérêts du tir suisse (CIT)
Président de la Fédération suisse de tir (FST)

 


1 «Le PDC refuse l’initiative sur les armes», dans le Tages Anzeiger du 22 janvier 2011. https://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/CVP-lehnt-WaffenInitiative-ab/story/25577664 (état au 24 janvier 2019)
2 Le tir obligatoire prévu dans la reprise de la directive n’est rien d’autre que l’obligation d’apporter la preuve du besoin de l’arme pour le tir.
3 L’obligation de déclaration prévue dans la reprise de la directive n’est rien d’autre que l’enregistrement rétroactif. Que l’arme soit «déclarée» ou «enregistrée» revient au même: l’administration sera informée des détails de la possession.
4 À savoir les fusils à pompe.
5 À savoir les armes semi-automatiques avec magasins de «grande capacité» (en réalité, cela concerne les magasins ordinaires).
6 L’article 17 de la directive de l’UE contient une clause qui prévoit de facto un mécanisme de durcissement automatique tous les 5 ans dès 2020. À condition que les dispositions de la directive en vigueur se révèlent insuffisantes pour remplir leur but, cette clause prévoit expressément que la Commission européenne édicte des restrictions supplémentaires concernant «en particulier, les catégories d'armes à feu». Etant donné que la directive fonde sa légitimité sur une série d’attaques terroristes, lors desquelles aucune arme à feu acquise légalement n’a été utilisée, son caractère inapproprié et, partant, son durcissement sont joués d’avance. Selon le rapport explicatif de la fedpol, la Suisse a eu beaucoup de peine, lors de l’élaboration de la directive que nous devons actuellement adopter, à dissuader l’UE «d’interdire totalement la possession par des particuliers des armes à feu semi-automatiques» (interdiction qui incluait bien entendu aussi les armes de service converties en semi-automatiques) et «d’obliger toute personne souhaitant acquérir et posséder une arme à feu à se soumettre à des tests médicaux et psychologiques». Dans ces conditions, il est évident que la Suisse ne pourrait plus défendre ces concessions en 2020 ou, au plus tard, en 2025. Pour plus d’informations ainsi que pour les références des documents cités: https://eu-diktat-nein.ch/fr/tireurs-integres-terroristes-assoiffes-de-sang-quels-seront-les-changements-et-pour-qui

Partager ce contenu